• 310 - Consommer plus pour gagner... moins ?


    Récemment, un routier me confiait qu'il commençait à en avoir marre de l'écologie, de l'éco-conduite, de l'éco-taxe... et c'était juste avant que Ségo ne nous annonce que le diesel va désormais prendre un centime de taxe supplémentaire chaque année !

    Pourquoi cette réaction de rejet face à ce qui me semble être du bon-sens, voire un réflexe de survie (je parle de l'écologie, pas du un centime d'augmentation du litre de gas-oil dont le prix varie parfois de 10 ou 20 centimes en quelques semaines !) ?
     
    Je ne suis pas psy, loin de là, mais je crois simplement que beaucoup de gens méconnaissent ou sous-estiment le problème des ressources naturelles non infinies. Pourtant nos activités sont de plus en plus conséquentes sur l'environnement et il est évident que nous ne pouvons continuer à vivre comme nous le faisons jusqu'à plus soif ! 
    Alors, si un routier, pragmatique par essence, ne voit pas l'intérêt de mesures visant à réduire nos consommations, qu'en est-il des bureaucrates logés en haut de leurs tours ? 
    Et les reportages simplistes comme ceux sur les salades de Singapour, ou le verdissement de Engie grâce à COP21, ne feront qu'aggraver le décalage qui existe déjà entre la réalité et la perception que beaucoup d'entre nous en ont !

    Évidemment, que "mon" routier pratique ou non l'éco-conduite ne changera strictement rien au problème. Ce qui est inquiétant, c'est que des gens aussi directement concernés n'aient pas plus conscience des enjeux.
    Quelques faits sont pourtant indiscutables.
     
    Contrairement à la population mondiale, la terre ne s'accroît pas. Tout le monde le sait.
    Le Français, l'Indien, le Mexicain et le Chinois d'aujourd'hui consomment plus que ceux d'hier, et probablement moins que ceux de demain.
    La technologie et surtout l'énergie abondante nous permettent une exploitation sans précédent des ressources naturelles, partout dans le monde, bientôt jusqu'aux pôles.
    Chacun est, ou devrait être, conscient de cela, mais nul ne songe à remettre en cause un système qui nous a toujours tiré d'affaire. 
     
    Ce système, ce modèle économique si rassurant (tous les experts, tous les "grands" s'y réfèrent) est né avec l'ère industrielle vers la fin du XVIIIe ou le début du XIXe siècle. 
    La puissance économique d'une nation se mesure alors à sa capacité de production, c'est-à-dire de transformation. "Fabriquer" des locomotives à vapeur et des fusils, des navires de commerce ou des pommes de terre, c'est rendre consommable du minerai de fer, du bois ou du fumier. Et dans tous les cas il faut de l'énergie, fournie avant tout par les hommes et les bêtes (sans oublier le soleil pour la photosynthèse). Les combustibles (bois surtout) ne sont utilisés que pour chauffer. 
    Plus un pays est grand, boisé et peuplé, plus il a de bûcherons, de charretiers et de charpentiers et plus il peut abattre d'arbres et construire de bateaux de guerre et de commerce.
    Tant que les travailleurs étaient en nombre limité et modestement équipés, le modèle fonctionnait bien.
    Vu du côté de la ressource, la puissance économique n'est rien d'autre que la capacité à détruire.

    Et lorsque charbon et pétrole ont été utilisés pour actionner des moteurs à vapeur, à essence ou à gas-oil, la production/destruction s'est emballée. 
    La puissance des énergies fossiles est impressionnante.
    Illustration. Le journal est une unité de surface qui équivaut à 0,5 hectare. Il correspond à ce que pouvait labourer dans sa journée un agriculteur avec une charrue et 2 ou 3 chevaux. Aujourd'hui, avec un bon tracteur et 20 à 30 litres de gas-oil, vous pouvez labourer 1 hectare (2 journaux) en 1 heure. C'est 20 fois plus ! Et le labour est plus profond !
    Comment ne pas se laisser emporter. La course à la puissance est lancée. Les profits sont importants, voire colossaux pour certains, le progrès est en marche, chacun y gagne... 
    Les économistes calculent, modélisent...
     
    Mais personne n'a donné de valeur à la ressource ! 
    Le fer, le bois, le pétrole, le poisson, l'eau, tout est gratuit (et considéré illimité). Lorsque vous achetez un meuble, une tranche de cabillaud ou une voiture, vous ne payez pas la ressource. Le prix du "poisson", c'est le prix de l'amortissement du bateau de pêche, du carburant, du salaire des marins et du poissonnier, mais jamais celui du poisson. Y compris si ce dernier est élevé en pisciculture. Idem pour le bois de votre mobilier, le plastique et l'acier de votre voiture... 
    Et c'est bien là que le bât blesse. Lorsque le modèle a été créé, la ressource pouvait être considérée illimitée car grande et non mesurable. Les moyens d'exploitation étant eux-mêmes modestes, le calcul semblait correct.
     
    Aujourd'hui, nous approchons de la "production" maximale de beaucoup de denrées. Le tracteur débardeur a remplacé la hache et les navires-usines conditionnent directement leur pêche. Mais il faut toujours plus de moyens et de carburant pour capturer autant de poisson. Et il faut aller plus loin ou plus profond pour trouver ce carburant... 
    C'est la preuve qu'il ne s'agit pas de "production" mais bien de transformation ou de destruction.

    Et au point où on en est, une énergie gratuite et inépuisable serait une catastrophe car elle permettrait d'aller encore plus vite et plus loin dans l'exploitation des ressources naturelles.
    Il faudrait donc se restreindre, être raisonnable dans nos consommations. Hélas ! Nous voulons toujours plus. Nouveau téléphone et nouvelle télévision, voyages, agrandissement de la maison, fruits exotiques, même le remplacement de la vieille voiture polluante coûte de l'énergie et de la matière première.

    Et si nous acceptions ces restrictions, ce comportement raisonnable ?... Fin de la croissance, chômage, déficit de la sécurité sociale et des caisses de retraite... Notre modèle économique ne marche et ne peut marcher qu'avec une croissance continue, laquelle est liée à une énergie abondante.
     
    Le modèle n'a pas été actualisé, modernisé. 
    Les experts travaillent avec des algorithmes conçus sur la base de données incomplètes et périmées ! Et quand le chômage augmente, ces spécialistes préconisent un allongement du temps de travail... Nous, experts ou gens de la rue, nous sommes formatés pour toujours faire plus et mieux. 
    Notre société ne sait pas fonctionner autrement. La place toujours plus grande de la compétition sportive, si médiatisée, n'est pas due au hasard, elle vous donne l'exemple à suivre ! Nico Rosberg, coureur de formule 1 particulièrement bien formaté, déclarait "Le second est le premier des perdants". La vérité est que nous serons tous perdants, et qu'il ne s'agit plus d'une place sur un podium inutile !
     
    Le système capitaliste ne peut plus nous sauver comme dans le passé. Aujourd'hui, il nous mène inévitablement à la guerre. Illustration ?

    Début 2010, les experts prévoient une production record de blé dans le monde. 
    Été 2010, la sécheresse en Russie et la pluie au Canada (deux gros exportateurs) changent la donne... le marché s'affole... spéculations, incertitudes, les prix s'emballent... des observateurs redoutent que les émeutes observées en 2008 en Afrique du Nord et en Asie ne se renouvellent... La suite ?
    En décembre, des émeutes en Tunisie sur fond de vie chère, puis le printemps arabe en 2011, la guerre en Libye, en Syrie... et le problème des migrants en 2015 !
    Bien sûr que cette suite d'événements est plus complexe que le raccourci que j'en fais, mais les faits sont tout de même là.

    Sans même parler de dérèglement climatique, l'écologie n'est plus une option.
     
     

    310 - Mouette rieuse

    310-01 - Tracteur et Mouette rieuse font bon ménage lors des labours.
     
     

    310 - Mouette rieuse

    310-02 - La charrue met à disposition des oiseaux des vers de terre et autres larves diverses.
     
     

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    310-05 - Bonne opportunité pour apprendre à reconnaître les espèces, les âges, les différents plumages.
     
     

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    310-06
     
     

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    310-07 - Des oiseaux sous tous les angles...
     
     

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    310-08 - ... et en mue. Un vrai quizz en 3 D.
     
     

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    310-09
     
     

    310 - Mouette rieuse

    310-10
     
     

    310 - Mouette rieuse

    310-11 - Et même si la poussière empêche une parfaite netteté, reconnaissez que la chorégraphie est plutôt soignée !


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