• 328 - Pour le plaisir (2/3)

    (Suite de la page 327). Si vous êtes très sensible, évitez les parties entre crochets.

    Contrairement aux idées reçues, les études montrent que les prédateurs, les vrais, font un prélèvement limité dans les populations de proies et ne tuent que pour se nourrir. Mais les observations peuvent être trompeuses et nos anciens, pour beaucoup paysans chasseurs ou pêcheurs, ont colporté des absurdités avec une bonne foi qui donnait du poids à leurs récits.

    Lorsqu'un jeune prédateur, félin africain ou rapace européen, commence à chasser "comme un grand", il le fait de manière très instinctive. Sans cet instinct et sans les réflexes forts, la maîtrise des techniques de la recherche, de l'approche, de la capture, de la mise à mort, nécessiterait un temps d'apprentissage trop long, incompatible avec la courte durée de vie de beaucoup de prédateurs.

    La faim met donc en route notre jeune inexpérimenté et l'amène vers des proies qu'il choisit parce qu'elles lui sont familières, parce qu'il les a vues régulièrement dans la gueule ou le bec de ses parents (ou à minima parce qu'elles ont un "air de famille" avec celles-ci). L'attaque et la capture qui s'ensuivent sont très stéréotypées, régies par les réflexes propres à chaque espèce.

    [ Mais rien ne remplace l'expérience dans un domaine où chaque cas est particulier, chaque tentative de capture unique. Il est fréquent que les proies soient saisies par une patte ou une aile et qu'elles se débattent vigoureusement, ou que par stress elles se tétanisent alors même qu'elles ne sont pas blessées. Gare alors à l'insouciant qui ne saura pas mieux saisir sa victime ou qui ne s'assurera pas de sa mort. Gare aussi à celui dont la victime bruyante a attiré tous les autres prédateurs des environs. Le chasseur n'est pas toujours le "mangeur". Notre débutant devra apprendre rapidement tout cela sous peine de mort par inanition !

    Et c'est bien pourquoi les carnassiers adultes tiennent fermement leur prise entre leurs mâchoires ou leurs serres, et c'est aussi la raison pour laquelle ils cherchent les zones vulnérables. À chaque mouvement du "mort", à chaque cri, une nouvelle morsure, si possible au cou ou à la tête, une nouvelle contraction des pattes pour les rapaces. Jusqu'à l'immobilité totale et le silence, pendant un temps variable mais souvent long. Alors, et seulement alors, le repas peut commencer, si possible à l'abri des regards.

    Ces réflexes indispensables, littéralement vitaux pour le carnassier, sont souvent interprétés comme les manifestations d'un jeu cruel.

    Ce sont aussi ces réflexes extrêmement forts qui font qu'un Loup qui attaque un troupeau mord encore et encore tant qu'il y a du bruit et du mouvement. Il ne compte pas - il ne sait pas compter - , il ne cherche pas à faire un tableau de chasse, il mord parce que son instinct lui dit que son repas est en train de lui échapper. S'il s'agit de Mouflons, il en saisira un, le tuera et le mangera. Les autres n'auront pas attendu leur reste.

    Mais s'il s'agit de Moutons qui ne se dispersent pas comme des animaux sauvages, tant qu'il y aura des bêlements, des courses, il y aura des morsures... Le phénomène est le même lorsqu'un Chien ou une Fouine rentre dans un poulailler. Le carnage est lié aux circonstances, au fait que les proies potentielles restent sur place et perturbent le déroulement normal de l'action.

    Pour tous les mammifères prédateurs, LA bonne prise, celle qui maintient fermement la proie et assure une mort rapide, c'est la prise au cou ou à la tête.

    L'Hermine, petite mais vive et puissante, peut s'attaquer à des Lapins de garenne bien plus gros qu'elle. Lorsqu'elle a saisi le Lapin au cou, elle attend, quitte à se laisser porter sur une certaine distance, qu'il s'immobilise pour lui porter les morsures fatales. Elle-même est souvent tétanisée à la fin de l'attaque, et si vous faites irruption à ce moment-là, vous pourrez l'approcher sans difficulté. Lorsque vous voyant enfin elle relâchera son étreinte, le Lapin repartira ou pas selon la gravité de ses blessures. Cette attaque interrompue est à l'origine de la légende selon laquelle les Mustélidés ne se nourrissent que de sang, qu'ils ponctionnent au cou de leurs victimes.

    En réalité, après ces morsures répétées au cou, notre Hermine attend encore, pour reprendre son souffle, pour s'assurer de la mort du Lapin, avant de commencer à manger. Si besoin, elle traînera sa proie sous un couvert pour se mettre hors de vue de ses propres concurrents et prédateurs. ]

    Si la proie consommée était de taille suffisante, le prédateur, repu, n'éprouve plus le besoin de chasser.

    Cependant, l'instinct, les réflexes, sont toujours là et une stimulation forte peut déclencher une nouvelle attaque, parfois rapidement avortée. La plupart des proies le "sentent" et il est fréquent d'observer des Gnous déambulant devant des Lions ou des Pluviers en reposoir non loin d'un Faucon pèlerin. Probablement qu'une observation attentive et une bonne connaissance de leurs prédateurs potentiels expliquent que les proies ne sont pas en permanence sous pression et se contentent souvent de ne pas provoquer des attaques-réflexes.

    D'autres circonstances encore peuvent engendrer des attaques non justifiées. En période de reproduction, les adultes apportant des proies à des jeunes rarement rassasiés sont parfois emportés dans une sorte de spirale... Encore faut-il que les proies soient particulièrement abondantes, ce qui n'est pas toujours le cas.

    À suivre

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    328 - Chat domestique

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    328-02 - Tension extrême...

     

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    328-03 - ... ou relâchement maximum, c'est selon.

     

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    328-04 - Étirements, indispensables après la sieste.

     

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    328-05 -  Cette chatte vit à temps partiel dans mon jardin. Moyennant une petite caresse de temps à autre, elle me laisse la surveiller (j'aimerais savoir de quoi elle se nourrit) et la photographier.

     

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    328-06 - Un cri, un bruissement de feuilles ? Il n'y a pas eu de suite.

     

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    328-07 - T'as d'beaux yeux...

     

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    328-08 - ... et des rejetons craquants.

     

     

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