• 329 - Pour le plaisir (3/3)

    (Suite de la page 328).

    Mais les "dérapages" les plus fréquents sont le fait de prédateurs repus alors qu'ils n'ont pas chassé. Vous voyez de qui je veux parler (sinon, suivez mon regard et lisez la suite !).

    Pas de fatigue, pas de baisse d'adrénaline après une poursuite stressante, mais des réflexes toujours forts. Sans compter que la formidable mécanique a besoin de "tourner" régulièrement, de se dépenser. On n'impose pas le repos complet à un athlète !

    Gare alors à l'innocente Mésange bleue, sortie du nid le matin même, ou au lapereau en quête de trèfle au pignon de votre maison...

    Il n'est pas raisonnable d'espérer que votre Chat respecte ces animaux que vous trouvez si jolis, si mignons (je n'ai pas choisi la Mésange et le Lapin par hasard). Il n'a cure de ces qualificatifs totalement subjectifs, et surtout complètement humains, sinon urbains !

    Pour lui, votre jardin n'est ni une vitrine de fleurs, ni un espace convivial, et encore moins un refuge pour des morceaux de nature entretenue. Pour lui, il s'agit d'un domaine vital dans lequel il exerce toutes les activités propres à son espèce, et la chasse, même sans besoin de nourriture, en fait partie.

    Votre Chat chasse parce qu'il ne peut en être autrement. Et si certains individus sont plus débonnaires que d'autres, il n'empêche que globalement ils sont toujours des prédateurs, sortis de leur contexte, un peu dénaturés, mais toujours prédateurs. Leurs activités "normales" sont modifiées, mais elles n'ont pas disparu.

    Et c'est peut-être parce que sa domestication trop récente ne l'a pas encore déformé à outrance que le Chat peut se passer de nos services et retourner à l'état sauvage.

    Autrefois qualifiés de "harets" (on pouvait les détruire légalement au fusil ou au piège jusqu'en 1987) et aujourd'hui plutôt considérés comme des Chats domestiques sans propriétaire, certains d'entre eux, abandonnés ou perdus, retrouvent alors un régime alimentaire imposé par les contraintes fortes du "manger ou être mangé". Comme le Renard roux ou le Chat forestier, ils se tournent en priorité vers les micro-mammifères, proies les plus "rentables" pour un petit prédateur généraliste dans notre pays.

    Et ce régime imposé par l'environnement fait que le Chat laissé à lui-même se glisse assez "naturellement" dans nos écosystèmes en s'installant dans une niche occupée précédemment par nos petits carnivores indigènes.

    Alors, quel est le problème ?

    Le nombre, la densité. Notre pays compte plus de 12 millions de Chats, avec des concentrations d'effectifs dans certains villages ou quartiers où les densités peuvent atteindre 50 individus/km² en campagne urbanisée, et jusqu'à 500/km² en ville proprement dite. Hors habitat urbanisé et sans aide, les chiffres sont de l'ordre de 5 Chats/km², valeurs déjà plus proches des densités de Martres ou de Fouines qui tournent autour de 0,5 individus/km².

    Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, le Chat qui impacte le moins son écosystème par son régime alimentaire est donc "le domestique sauvage" puisqu'il est à la fois le moins abondant et celui qui mange le mieux !

    Mais dans les régions où il côtoie le Chat forestier, le Chat domestique peut devenir à la fois un concurrent, un vecteur ou un réservoir de certaines maladies et une source de pollution génétique. Ce n'est pas rien !

    Les "Chats de centre ville", en effectifs pléthoriques parce que nourris artificiellement, vivent dans un milieu qui ressemble à un terrarium plus ou moins bien conçu et entretenu dans lequel ils chassent "ce qui se présente". 

    Ici, le problème n'est pas le Chat !

    Par contre, en campagne urbanisée (en gros, petites villes et quartiers résidentiels), nous entretenons une très forte population de chasseurs désœuvrés dans un milieu qui ressemble encore à quelque chose.

    L'impact sur certaines espèces indigènes, comme les Lézards par exemple, est fort, voire très fort. Certains y voient même la raison de l'absence d'Oiseaux terrestres (Alouettes ou Pipits) dans ces habitats. Sans doute que même sans Chat, les Alouettes auraient du mal à trouver leur compte entre le flot de voitures, les Chiens, les Rats, mais il est probable par contre qu'en bordure de ces habitats, l'impact de nos protégés est réel. Et comme les surfaces concernées sont énormes, les incidences le sont aussi.

    Pour l'instant, faute d'étude, chacun y va de ses suppositions. Le Muséum National d'Histoire Naturelle travaille sur la question et nous éclairera peut-être bientôt.

    Mon conseil ? Si vous habitez en campagne, faites le bon choix... Un vrai Chat de salon, type Persan, qui ne bouge pas de chez vous et que vous entretenez complètement ; ou un petit fauve, genre Chat de gouttière, auquel vous donnez juste ce qu'il faut pour qu'il reste auprès de vous entre deux chasses aux souris...

    Et s'il côtoie des Chats forestiers, ce n'est pas trop grave puisque vous avez pris soin de le faire stériliser !


    329 - Chat domestique

    329-01 - Votre Chat domestique chasse parce qu'il ne peut en être autrement.

     

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    329-02 - Un petit fauve entre deux chasses aux souris.


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