• 336 - Enfin

    [ Voici enfin mon dernier article sorti sur Eklablog et transféré ici. Je le laisse tel qu'il était. ]

    La pub débarque prochainement sur les blogues d'Eklablog. De force puisque de gré les blogueurs n'en ont pas voulu. Les actionnaires ont tranché. Je n'ai pas encore pris de décision concernant l'avenir de mon blogue, ici, ailleurs ou nulle part...

    En attendant, je laisse les annonceurs illustrer cet article. EDF vous fera peut-être une belle animation sur l'énergie propre.

    Même si ça me troue ce que vous savez, je ne vois pas comment il sera possible de se passer du nucléaire. Et quand Ségo annonce publiquement le maintien en activité de nos vieilles centrales, ça me troue encore plus car il n'y a peut-être pas mieux à faire en attendant la fameuse transition énergétique.

    Explications de quelqu'un qui a manifesté contre le nucléaire.

    Pour moi, le nucléaire était la représentation la plus choquante, la plus scandaleuse, la plus dangereuse aussi, du mariage entre l'homme politique et l'industriel. Mariage gay avant l'heure, puisque ces choses-là ne pouvaient être confiées qu'à des hommes, mais également mariage d'intérêts, l'un des prétendants apportant le pouvoir et l'autre l'argent. 

    Mariage dégoûtant pour l'innocent que j'étais alors, et mariage inquiétant pour l'adulte que je suis aujourd'hui !

    L'innocent a grandi, les temps ont changé et les homosexuels, qui ne sont plus des malades, peuvent enfin se marier. Et les mariages de raison sont légions. Ils ne sont pas plus sains pour autant, mais le nucléaire fait tellement peur qu'il a focalisé tous les regards et qu'aux abords de la scène principale, le festival off bat son plein depuis longtemps dans une indifférence regrettable. 
    Et dangereuse. 

    Car que penser des liens parfois étroits entre Monsanto et la Food and Drug Administration aux États-Unis, que dire des rapprochements entre diplomatie et marchands d'armes, entre institutions bancaires renflouées par de l'argent "public" et mafia, quel regard porter sur les affaires des entreprises de BTP ou de traitement des eaux dans les pays émergents...

    Les mariages de raison sont partout. Ici, les dommages collatéraux ne sont pas hypothétiques, les calculs sont inutiles, il suffirait de regarder, de prêter attention...

    Les victimes sont des millions, mortes sous des bombardements liés à des conflits d'intérêt ou réduites à l'esclavage pour délaver nos jeans ou coudre le nez de nos nounours, handicapées par inhalation ou ingestion de substances fort heureusement bannies à l'Ouest, le si far Ouest que l'on ne veut pas savoir ce qui se passe à l'Est sous peine de devoir réduire notre train de vie ! 

    Revenons à nos moutons. Nous ne voulons pas du nucléaire car il nous fait peur. Ok. Et nous ne voulons pas du gaz de schiste pour la même raison, même si nous le redoutons moins car le danger est plus localisé et moins durable.

    Le nucléaire génère des déchets particulièrement délicats à gérer (c'est un euphémisme) et l'accident est toujours possible (c'est une lapalissade). Au-delà d'une certaine dose, la radioactivité provoque des dégâts épouvantables, et sa nocivité est extraordinairement longue, d'où l'inquiétude légitime... des riverains ! 

    Car la majorité des autres citoyens s'en fout. Même deux ans seulement après Fukushima, 42% seulement des Français s’inquiétaient au sujet de nos centrales nucléaires. Les autres apprécient l'électricité abondante à un prix raisonnable ! 

    Et je serais curieux de savoir combien, parmi ces 42%, pensent au nucléaire plus d'une fois par mois, combien y pensent avant de faire installer chez eux les indispensables volets et portail électriques, la climatisation, la domotique... 

    C'est un fait, la majorité des Français s'en fout du nucléaire.

    Et que proposent les gens qui redoutent le nucléaire mais veulent, comme les autres, une électricité toujours plus abondante ? Parce qu'il faut regarder les choses en face, la consommation d'électricité n'en finit pas de monter. Et comment s'en étonner quand tous les marchands de voitures ou de maisons vous vendent de l'électrique habillé de tous les qualificatifs à la mode (propre, durable, vert, écolo...). 

    Ceux qui prônent une consommation raisonnée d'énergies sont inaudibles dans un monde qui ne pense qu'à la croissance, la croissance et la croissance ! La seule issue semble être le développement durable (tiens, un oxymore), la croissance propre (un autre oxymore !), électrique. 

    Et derrière "électrique", les communicants nous ont appris à voir les éoliennes et les panneaux solaires. Mais nous ne mettrons pas des éoliennes et des panneaux solaires partout, et des barrages hydroélectriques non plus. Sans compter que toutes ces technologies relativement nouvelles (mais qui s'en souciait vraiment il y a 30 ou 50 ans ?) ont des limites que la technique repoussera mais n'effacera pas. 

    Et on part de loin. 

    Par exemple, il existe aujourd'hui des panneaux solaires dont le bilan carbone est négatif, c'est à dire des panneaux qui engendrent plus de gaz à effet de serre qu'ils n'en font économiser !!! 

    Que ferons-nous de tous ces panneaux difficiles à recycler dans 20 ans ? Le temps de l'électricité vraiment propre approche, probablement, mais la transition énergétique si chère à Ségolène (?) aura sans doute bien besoin du nucléaire.

    Il faut vivre avec son temps... Soit !

    L'électrique propre n'existe que localement et de manière marginale (dans une partie de l'Occident). Or toute nouvelle technologie fait des envieux partout dans le monde, y compris là où électrique rime avec charbon ou pétrole (la rime est évidemment pauvre). 40% de l'électricité mondiale est produite grâce au charbon ! Les Chinois s'empoisonnent à la poussière de charbon et rejettent des quantités faramineuses de COpour produire 80% de leur électricité. La production d'électricité passe aujourd'hui par le charbon, y compris en Allemagne, notre voisin écolo, et à moyen terme, seul le nucléaire semble en mesure de prendre le relais ! 

    Le principal danger à court terme, c'est le dérèglement climatique dont les conséquences ne sont pas encore mesurables. Si le nucléaire ne me réjouit toujours pas, je reconnais qu'aujourd'hui il m'inquiète moins que les bouleversements écologiques à venir.

           

     

    « 335 - Réponses337 - Reprise »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :