• 374 - Un très mauvais signe

    Hulot est parti.

    Certains le regrettent (j'en fais partie), d'autres applaudissent (beaucoup d'agriculteurs amateurs de phytos, Travert compris malgré ses déclarations).

    Son passage à la radio était très émouvant. C'est très triste et très inquiétant d'assister en direct au lâcher prise de quelqu'un qui est incontestablement solide (revoyez si besoin certains Ushuaïa pour vous en convaincre), compétent, reconnu et apprécié par de nombreux scientifiques, bref, ce qu'il est convenu d'appeler une pointure ; donc le lâcher prise en direct d'une pointure particulièrement motivée, honnête et franche... un ministre très important à défaut d'être influant, un ministre qui avait sans doute un certain nombre d'idées et de réflexions essentielles pour nous sortir intelligemment de la crise dans laquelle on avance de plus en plus vite... un ministre qui avait su, sans excès de communication ni mise en scène, nous faire oublier Ségolène Royal et Roselyne Bachelot... un ministre ouvert à la discussion (ne pas confondre avec négociation) pour convaincre, expliquer, faire avancer, même avec les plus rétrogrades des agriculteurs et des chasseurs (je pense notamment aux représentants des uns et des autres).

    Non seulement il n'aura pas réussi à convaincre les autres membres du Gouvernement, mais il aura dû batailler avec certains d'entre eux pour pouvoir "faire de petits pas". Ce constat nous montre le chemin qu'il y a encore à parcourir.

    Je connais, à une toute autre échelle, la difficulté de cet isolement face à l'incompréhension de consommateurs (équivalent contemporain de "gens") qui, à la moindre réflexion "écolo" par rapport à leur comportement, vous répondent "qu'ils ont le droit", "qu'ils ont toujours fait ça", "que les autres aussi", "que je n'ai qu'à retourner sans eux à l'âge des cavernes", etc.
    Le bouquet peut être pour ce couple qui promène ses trois Chiens, c'est-à-dire qui avance sans se préoccuper du fait que deux de ces Chiens courent en boucle sur une petite plage après tout ce qui vole. Après le départ de tous les Limicoles, ils continuent en chassant les Hirondelles et les Bergeronnettes. Cette scène, qui se répète un peu partout et de plus en plus souvent, m'est devenue insupportable. Nombre d'escales favorables aux Limicoles ou aux Canards sont aujourd'hui stérilisées par des promeneurs, notamment avec leurs Chiens. Ces oiseaux sont en migration et ont un besoin vital de tranquillité pour se nourrir et se reposer avant la prochaine étape. Deux Chiens qui passent n'ont pas de réel impact, mais deux chiens, puis un autre, puis un vélo, et un autre chien, un drône... toujours la faute de l'autre. Je vais donc vers ces gens pour le leur dire... et l'homme me répond que "ses chiens ne font que s'amuser et que les oiseaux sont faits pour voler". Un monde nous sépare. Il me faudrait des heures sinon des jours pour lui expliquer les rudiments de ce qu'il ne veut sans doute pas entendre.
    Des heures pour expliquer à une personne ce qui me semble être une évidence !
    Je m'irrite, je pars, je vais voir plus loin... la même scène !

    Il lui en a fallu du courage, du self-contrôle, de l'obstination, une certaine dose de résignation aussi sans doute, pour pouvoir continuer, essayer de faire avancer les dossiers, les idées.

    Hulot a connu l'ignorance et l'incompréhension, mais aussi la mauvaise foi, le calcul politique, les arrangements, tout ce que connaît chaque ministre, chaque responsable d'association. Mais on ne parle pas de l'avenir du club de handball de Trifouillis-les-Oies, on parle de catastrophes planétaires annoncées depuis 20 ou 30 ans, avec des scénarios de plus en plus pessimistes, plus étayés, et sans cesse revus à la hausse. Sarkozy nous dit qu'avec ou sans Hulot, le problème c'est l'immigration. Pauvre con. Le dérèglement climatique, qui est la préoccupation centrale de Hulot, entraînera, entre autres et pour répondre aux préoccupations de Sarko, des phénomènes massifs d'émigration, le déplacement de millions de gens (sécheresses ou inondations, tempêtes, déstabilisations politiques) que rien ni personne n'arrêtera. 

    Alors le fait que Benjamin Griveaux dise que "Hulot n'a pas à rougir de son bilan" est consternant et explique parfaitement sa démission. Car si le porte-parole du Gouvernement est fier de ce qu'a réussi à obtenir ce ministre, c'est que lui, pas plus que Sarko et les autres, n'a compris l'enjeu. Il en parle comme d'un politicien, d'un pédégé ou d'un sportif qui vient d'échouer, s'en remettra et retentera sa chance. Hulot ne cherchait pas une bonne note ou un podium, il ne voulait simplement pas baisser les bras avant d'avoir tout tenter pour mettre cette société en ordre de marche face à un défi colossal qui nécessite le soutien de tout le monde. Et échec interdit.
    Et il a accepté le marché de Macron, pour qui il garde une grande estime, parce qu'il pensait être soutenu au sein d'un gouvernement qui avait compris la situation et l'urgence dans laquelle nous nous trouvons.

    Aujourd'hui, l'Europe se déchire pour "accueillir" 177 migrants !
    Qu'en pensent Griveaux et Sarko ?
    Combien de siècles leur faudrait-il pour trouver une solution ?

     

    374 - Bourdon sp

    374-01 : on en est encore à discuter de la liste des animaux utiles ou nuisibles...

     

    374 - Ours brun

    374-02 : ... à batailler pour ou contre l'Ours...

     

    374 - Courlis cendré

    374-03 : ... voire à faire du lobbying au plus haut niveau pour pouvoir continuer à chasser une espèce en déclin ! (Courlis cendré)

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Septembre à 08:30
    valcogne

    Une société de lemmings...

    Ce blog a bien changé, je trouve cette version plus difficile d'accès mais les photos sont toujours splendides. Cordialement

      • Mardi 4 Septembre à 18:16

        Toujours le verbe cinglant. J'adore.
        Je n'avais pas pensé à l'image du lemming et je la trouve très juste.

        J'ai changé un certain nombre de choses sur mon blogue en allant chez Blogger, et à nouveau en revenant ici, mais je ne pensais pas avoir complexifié les choses. N'hésite pas à faire des remarques plus ciblées (ici ou dans la rubrique Vos souhaits, désirs...), plus précises, pour que je remédie aux problèmes.

        À+

    2
    Jeudi 6 Septembre à 08:31
    valcogne

    En fait je voulais expliquer que le champ élargi oblige à une manipulation pour lire les textes en entier et voir les images avec la barre en bas de l'écran. C'était   tout. Le reste est chouette, comme toujours. Puisqu'on est là, j'en profite pour signaler que mon polar " Plomb sur Ablon" est en ligne sur librinova, sous mon nom de valcogne, seulement jusque début Octobre. Loin de moi l'idée de faire de la pub ici, juste une information. Cordialement

      • Jeudi 6 Septembre à 19:23

        Ma page faisait 1850 pixels de large (lignes violettes comprises), taille théoriquement adaptée à la majorité des écrans de bureau. Tu as peut-être un petit écran (dommage pour regarder des films) ou un niveau de zoom supérieur à 100%, auquel cas tu peux scroller tout en appuyant sur Ctrl pour réduire la taille de ma page et ne plus avoir recours à la barre en bas d'écran.

        Mais ça c'était avant. J'ai modifié un réglage et j'attends tes réflexions...

        Bonne soirée.

    3
    Vendredi 7 Septembre à 08:02
    valcogne

    Bonjour. Je ne sais par quel miracle, alors que je n'ai rien manipulé, tout est dans le champ, sans barre à actionner. Pour le reste, Hulot, Jouzel, et une flopée d'autres, s'égosillent à prévenir les puissants de l'échéance. Ces derniers ne changeront de comportement que le jour où, la Terre étant définitivement nue, ils devront faire du feu pour se chauffer, dans des immeubles transformés en cavernes, avec les billets de banque.

      • Vendredi 7 Septembre à 19:19

        Ce n'est qu'un tout petit miracle, permis par la plateforme Eklablog. Bien content que tu apprécies.

        Quant au réchauffement climatique, ce n'est pas avec des Trump ou des Poutine que l'on avancera, tout le monde le sait. Mais ce n'est pas non plus avec Trudeau et ses semblables prêts à tout pour gagner de l'argent que nous nous en sortiront. Je ne sais plus quel chef amérindien disait que l'homme gagnerait toutes ses batailles contre la nature, sauf la dernière ! Tous ces riches et ces puissants, Macron compris, nous mènent à notre dernier combat.

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