• 395 - 500 !

    Le cap des 500 Loups présents en France est dépassé !

    Rugy (comprenez Macron, les éleveurs et la FNSEA) adapte les quotas de tir. Jusqu'à présent, les tirs légaux étaient autorisés à hauteur de 10% de la population estimée chaque fin d'hiver, soit 43 Loups l'an dernier. Ce même calcul devait permettre le tir de 53 Loups cette année puisque les dernières estimations sont de 530 individus environ, à 50 près, au printemps 2019. Mais le seuil des 500 étant passé, le pourcentage à prélever va être revu à la hausse et le prélèvement autorisé approchera les 100 Loups.

    Sur une population en constante augmentation depuis son retour en 1992, c'est encore raisonnable, non ?

    Faut voir... Je vous en ai déjà parlé (page 248 et page 267).

    Quel est le but de cette augmentation des tirs ? Soigner ses électeurs potentiels, évidemment. Et pas seulement avant les municipales, ni même depuis que Macron est au pouvoir. La gestion du Loup et de l'Ours se fait depuis longtemps à coups de subventions, d'annonces, d'avancées et de reculs toujours opportuns. Et les élus locaux peu scrupuleux savent pleurer et réclamer leur dû. Mais cet argent destiné à favoriser un voisinage parfois compliqué est trop souvent détourné. Et c'est ainsi que l'Ours brun de souche pyrénéenne a disparu mais a permis à Jean Lassalle de fidéliser ses appuis.

    Bien sûr que la réalité est plus complexe et que tous les élus, même béarnais, ne sont pas malhonnêtes. Mais le système de primes mis en place en France encourage la triche. On gagne à exagérer les dégâts, à mettre la pression sur l'administration. Pour de l'argent, encore et toujours.
    L'argent, sans fin. Des aides pour l'achat des chiens de troupeaux ou de clôtures, pour monter le matériel par hélicoptère, une prime pour chaque mouton tué par le Loup ou par un animal dont on ne peut affirmer qu'il ne s'agit pas d'un Loup, une prime par dossier pour le stress subi, etc. Ne nous étonnons pas alors que les producteurs de sel de Camargue se plaignent des Flamants roses et les pêcheurs finistériens des Phoques gris...

    Malgré tout ceci, les dégâts augmentent. Parce que les Loups sont plus nombreux, bien sûr, mais aussi parce que les clôtures ne sont pas toutes mises en place, parce que certains patous ne sont pas bien dressés, parce que certains troupeaux sont laissés sans surveillance. Pourquoi se gêner puisqu'il n'y a pas de contrôle et que la non utilisation des moyens de protection fournis ne vous prive pas des indemnités si votre troupeau est attaqué ! En ce moment, malgré des indemnisations de dégâts d'Ours sans véritables expertises, des voitures de l'administration sont vandalisées dans les Pyrénées pour maintenir la pression.

    Comment alors faire baisser les dégâts ? En réduisant les effectifs de Loups ? C'est ce que veulent la plupart des éleveurs, mais puisqu'ils accusent le Loup ou l'Ours même quand ils n'y sont pas, la situation ne pourra guère s'améliorer. Et c'est bien pour cela que les "pro-Loup" contestent cette gestion.

    Car "on ne fait pas du Loup comme on fait de la viande ou du lait" ! Il s'agit d'animaux sauvages, libres de s'installer où ils le peuvent. Les tirs désorganisent les meutes, déplacent les animaux, et ne règlent généralement pas les problèmes, voire les compliquent ou les augmentent.

    Les mesures de protection sont parfois lourdes à mettre en place, pas toujours efficaces, mais ce sont les seules qui permettront la cohabitation. Il faut un système de dédommagements conditionnés, ce qui est théoriquement le cas aujourd'hui. Théoriquement, même s'il semble enfin y avoir quelques progrès. Et en dernier recours la possibilité de tirer les animaux les plus problématiques (comme chez tous les prédateurs, certains individus ne sont pas "gérables"). Il est probable que ceci ne plaise pas à la majorité des éleveurs de Moutons, mais lorsqu'une entreprise ne subsiste qu'avec des aides publiques, il me semble normal qu'elle se plie à des règles et accepte des contraintes. Ou dépose son bilan.

    Quant au chiffre de 500 Loups, présenté comme un seuil au-delà duquel "les choses vont bien", il n'est pas le fruit du hasard mais d'un calcul. Pour faire simple, en dessous de cet effectif, le risque d'extinction de la population est assez fort à court terme. Mais aujourd'hui, les généticiens estiment qu'il faut un strict minimum de 500 individus "génétiquement efficaces" (adultes reproducteurs sans excès de consanguinité), soit une population de 2500 à 5000 Loups ! Nous n'y sommes pas encore, même si notre population ne s'arrête pas aux frontières et qu'on y englobe les Loups italiens et allemands.

     

    395 - Loup gris

    395-01 : il reste bien du chemin à parcourir ! Loup gris, captif.

     

    395 - Loup gris ?

    395-02 : gros Chien ou Loup ? Même si un Loup a été vu à cet endroit quelques jours plus tôt (observation non confirmée officiellement), il n'est pas possible d'être affirmatif en présence d'une seule empreinte.

     

    Dernière chose : cet article a été écrit avant la démission de Rugy ("homard l'a tuer" !). Je ne le connaissais pas, mais je ne le regrette pas !

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 20 Juillet 2019 à 08:41

    Sujet bien difficile d'autant que les situations et la problématique ne sont pas les mêmes dans le Alpes du Nord ou les Alpes du Sud, dans les Pyrénées ou dans les Cévennes. Lorsque je vagabonde dans mes montagnes de Savoie et que je rencontre un berger, chaque fois que c'est possible - mais cela ne l'est pas toujours car les bergers sont souvent un peu « ours » - je discute avec lui de leur vie quotidienne, de leurs difficultés face au loup et depuis des années je me sens bien plus proche des éleveurs que des pro-loups dont les arguments trop souvent biaisés voire faux nuisent à la défense de leurs protégés...

      • Samedi 20 Juillet 2019 à 16:44

        Bien sûr que c'est compliqué, que les situations sont différentes d'un endroit à l'autre, et que chez les uns et les autres il y a des caractères différents. J'ai quelques rares contacts avec des bergers, et surtout des informations sûres que je recoupe aussi souvent que possible. Et si tout n'est pas noir ou blanc, et s'il y a des bergers et des éleveurs auxquels je tire mon chapeau parce que leur métier est vraiment difficile, à ma connaissance les battues illégales, la séquestration des personnels d'un parc national, les incendies de véhicules, les pressions sur les administrations, la vidéo d'hommes armés et masqués, etc, ne sont pas du fait des pro-Loup ! Le discours du pauvre berger est bien rodé, mais ne colle pas bien à la réalité. Aujourd'hui, il est des zones de non-droit dont on ne parle pas. Elles ne sont pas en ville mais dans les montagnes françaises. Il ne fait pas bon y traîner si l'on n'est pas ouvertement anti-Ours ou Loup ! Et pourtant, les aides et subventions pleuvent. Je ne donnerai pas plus de détails, mais je parle d'une arnaque (remboursements de dégâts et financement des mesures de protection coûtent plusieurs millions d'euros chaque année) qui ne perdure qu'avec la complicité des services de l'État et des élus locaux.

        Je ne peux pas être du côté des factieux ni des mafieux, quels que soient leurs problèmes. Et je sais que ce que je dis n'est pas exagéré. Malheureusement.

    2
    Samedi 27 Juillet 2019 à 10:52

    En tant que contribuable j'en ai marre qu'on me soutire de l'argent à tout propos pour arroser des électeurs potentiels. Quand c'est justifié, d'accord, sinon, pas question. Ensuite, dix milliards d'hommes sur cette petite planète qui, d'une part s’entre tuent joyeusement et éradiquent indifféremment les éléphants, les jaguars, les tigres, les panthères, et des milliers d'espèces, dont le loup, merveille de la nature. Bientôt ne survivront que les bipèdes, si intelligents, qui, privés d'éléments naturels, puisque détruits, passeront allègrement au cannibalisme. Si c'est cela qu'on veut, continuons... 

      • Samedi 27 Juillet 2019 à 15:59

        Même tes commentaires les plus sombres me font rire. Question de style sans doute. J'adore.

    3
    Dimanche 28 Juillet 2019 à 08:19

    Je ne me prétends pas écrivain pour faire joli. Mes livres sont en ligne, à disposition, sur librinova.com, Fnac, amazon et 197 autres , 3,99 euros, après, je dis ça, je dis rien...Désolé de me faire de la pub mais cela continue ton propos....

      • Dimanche 28 Juillet 2019 à 08:53

        J'ai acheté l'an dernier Plomb-sur-Ablon. Le début m'a beaucoup plus mais, comme les autres livres achetés en virtuel, je me lasse vite de la lecture à l'écran. Et je suis passé à autre chose.
        Depuis j'ai imprimé, en A4, un autre livre (sur le Loup, tiens !). Le tout se présente comme un dossier et non comme un livre. Il faut le consulter à table, ou feuille par feuille au lit... On est loin du livre que l'on trimbale partout et que l'on lit sous un parasol, dans le train ou dans son canapé...
        Je ne sais si je finirai l'un ou l'autre. Dommage. 

    4
    Lundi 29 Juillet 2019 à 09:16

    Pour commencer, je te remercie d'avoir acheté " Plomb sur Ablon", je l'ignorais, on ne voit pas qui sont les lecteurs au suivi des ventes. Je n'ai pu éditer mon livre sur papier pour raisons financières et c'est pourquoi je les met en ligne. De plus, c'est difficile, les jeunes me disent " met tes livres sur internet, c'est actuel, on ne lit plus que comme cela, nous", je le fais et ils ne les lisent pas pour autant. Des personnes généralement plus âgées me disent le contraire: " Cela nous intéresse mais on aimerait le lire sous forme de vrais livres ", et comme les autres ne les liront pas pour autant , alors, oui, je peux faire quelques exemplaires plus tard, mais pour l'instant, je n'en ai pas les moyens. Quand je disposerai d'un volume imprimé je ferai en sorte que tu en reçoives un en hommage au fait que tu es l'un de mes tout premier lecteur. Par contre j'ignore quand je pourrai tenir cette promesse...A bientôt

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