• Notion fondamentale : plus un milieu vivant est diversifié et plus il est solide, à même de résister et éventuellement d'évoluer face à des changements importants. 

    D'où l'intérêt de la communauté scientifique pour le maintien de la biodiversité, gage de pérennité.


    Face aux  changements à venir, globaux et d'une ampleur pour l'instant inconnue, le minimum raisonnable serait de garder en état de marche ce qui l'est encore. Las...

    176-01 - Que le riche plumage de ce pauvre Faisan de Colchide ne vous berne pas, il ne connaît rien en matière de biodiversité, mais nombre d'êtres vivants moins colorés que lui sont dans le même cas... (suivez mon regard).

    Et pourtant, avec d'autres expatriés, il symbolise une des erreurs les plus couramment commises, et souvent avec l'aval de Mr et Mme Toutlemonde : enrichir un milieu en introduisant des espèces nouvelles (généralement jolies, sympas et/ou "utiles")... Dans son cas, les motifs sont pour le moins discutables (il est beau et bon à la fois) !

    176-02 - La responsable ? C'est bien pour ses beaux yeux que les mâles sont si beaux, si colorés... et donc si souvent introduits. 
      
    176-03 - Cela dit, la combinaison de dessins variés et de nuances beiges ou rosées gagne à être regardée de près.
      
    176-04 - Bien sûr, cette délicatesse de tons, si agréable à nos yeux, a pour premier effet d'assurer un maximum de discrétion à celle qui aura la charge de l'incubation (24 jours seule sur le nid !) et de l'élevage des jeunes. 
      
    176-05 - Une mutation sombre, appelée Faisan obscur, est apparue en élevage (ici une femelle, à droite, avec deux mâles d'environ 10 semaines). Elle est parfois improprement dénommée Faisan versicolore, espèce japonaise plus petite et de coloris légèrement différents.
      
    176-06 - Introduire du faisan ne suffisait pas. En mélangeant des oiseaux d'origines variées, en quelques décennies les éleveurs ont réussi l'incroyable. Cet oiseau, au départ riche de plusieurs dizaines de sous-espèces, est aujourd'hui un mélange, pas savant du tout. Nul doute qu'avec cette perte des phénotypes, de nombreux caractères moins visibles ont eux aussi été pollués (voir page 107).
      
    176-07 - Même si cette photo est de piètre qualité, vous voyez que cet oiseau est très roux, queue comprise, et que seuls les flancs sont un peu plus pâles... Pas de collier blanc...
      
    176-08 - Aucune nuance de gris, même sur le dessus des ailes. 
      
    176-09 - Cet oiseau est en tout point semblable aux Faisans que l'on trouvait en Perse... mais il s'en est passé des choses depuis... que lui reste-t-il des qualités de ses ancêtres ?
      
    176-10 - Cet autre mâle, plus jaune, au large collier blanc et au crâne plus beige serait plus... chinois ! Depuis le temps qu'on nous les annonce, ça devait arriver !
      
    176-11 - Le mélange de souches est plus ou moins visible chez les mâles. Les femelles (ici avec un poussin de 15-20 jours) de toutes ces populations étaient très semblables, plus rousses, moins beiges, plus roses, moins grises, plus tachetées, etc. Aujourd'hui...

    176-12 - Les jeunes accompagnent leur mère pendant dix à douze semaines. Celui-ci, à gauche, est un mâle d'environ six à huit semaines.
      
    176-13 - Un pauvre petit abandonné ! Ou plus probablement un jeune provisoirement éloigné de sa mère... laissez faire !
       
    176-14 - Avant récolte, une parcelle de blé bordée de luzerne constitue un habitat de choix : cette famille nombreuse y trouve abris et soleil, graines et feuillages, insectes et autres invertébrés...

    La lisière entre deux milieux, zone de transition particulièrement riche, est appélée écotone.  

      
    176-15 - Les moissons facilitent l'accès aux grains mais transforment brutalement un couvert de plusieurs hectares en une zone ouverte, ce qui perturbe les oiseaux et donne l'occasion de faire de nombreuses photos. 
      
    176-16 - Vers l'âge de deux mois, le jeune coq se reconnaît aisément. Le remplacement progressif de son premier plumage beige se traduit par l'apparition de teintes rousses, notamment sur les parties inférieures. Dans le même temps, une zone de peau nue se développe autour des yeux.
      
    176-17 - Au même âge, la femelle prend des nuances rosées. On commence aussi à percevoir qu'elle sera plus fine et plus petite que le mâle.
      
    176-18 - Environ trois mois. Les joues sont bien rouges, les couleurs d'adulte se voient un peu partout, la queue se développe nettement.
      
    176-19 - Au-delà de quatre à cinq mois, pratiquement plus rien ne différencie le jeune coq de ses aînés. Dans le cas présent, la photo ayant été prise au printemps, il est certain que cet oiseau est un adulte. 
      
    176-20 - Adulte aussi, mais un peu plus vieux... de 2 minutes !
     


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