• Gamin, ce terme me faisait rêver... J'imaginais des navigateurs particulièrement fous et entreprenants qui écumaient, au sens propre, les flots tempétueux des océans déchaînés... La suite, c'est à dire la transformation de cette écume si légère et inconsistante en fourneau de pipe pour grands-pères et marins courageux, m'échappait complètement. Je savais, instinctivement, que l'opération était complexe, mais faute de dictionnaire assez  détaillé, je n'ai eu la véritable explication que bien plus tard.
    Dream is over (je l'ai déjà placée, mais j'aime beaucoup cette chanson de John Lennon).

    À peu près au même âge, peut-être après avoir regardé Belle et Sébastien, je souhaitais devenir berger. En montagne évidemment, ailleurs ça ne me semblait ni utile, ni intéressant !
    Conduire le troupeau vers les meilleurs pâturages avec l'aide précieuse de mes chiens, soigner l'âne qui boite, porter l'agneau fatigué sur mes épaules... S'arrêter au bord du ruisseau pour faire boire les bêtes et profiter du paysage, des odeurs, des couleurs, des sons de la nature...
    Dream is over.


    Aujourd'hui beaucoup de marins courageux (le métier reste difficile et dangereux) participent activement au pillage des océans. La Scapêche (armement de pêche d'Intermarché) vient heureusement de signer un accord pour cesser le chalutage à plus de 800 mètres de profondeur... C'est reconnaître que l'on s'apprêtait à toucher le fond !!!

    Les bergers, les vrais, ont pratiquement tous disparu.
    Les raisons sont multiples. Le mouton néo-zélandais (importé en masse contre un silence bienveillant des autorités locales après l'affaire du Rainbow Warrior) a envahi un marché français déjà malade (la consommation de viande de mouton est en baisse constante) et obligé nos producteurs à revoir leur copie.

    Qu'ont-ils fait ?
    Ils ont regroupé les troupeaux, supprimé des postes de bergers, prôné l'élevage sans surveillance... pour baisser les coûts. 
    Résultat : beaucoup de "casse", et toujours moins de revenus, donc plus de suppressions d'emplois de bergers...


    Aujourd'hui, faute de surveillance, 2 à 5 % des bêtes qui estivent dans les Pyrénées ne redescendent pas !  Entre 2 et 5 %, c'est peu, mais cela fait entre 15 et 30 000 animaux par an ( dont environ 200 potentiellement attribuables à l'Ours) ! 
    Dans les Alpes, même constat, la table est mise pour le Loup... Des bergers qui ne visitent leurs troupeaux que tous les 2 ou 3 jours, des chiens absents ou mal dressés...

    Et pourtant, c'est en montagne que les producteurs de moutons s'en sortent le mieux !!! Là où se concentrent tous les problèmes et là où les éleveurs crient le plus fort ! Incompréhensible !

    Incompréhensible jusqu'à ce que l'on gratte un peu.
    Derrière le gentil moustachu fumeur de pipe se cache un redoutable chasseur de primes (aides ou primes "au lait de montagne", "compensatrice au handicap naturel", "à la mécanisation", "à l'herbe", "à la filière ovine"...). Dans certaines exploitations, le revenu de la ferme ne représente que 1/3 des ressources de l'exploitant !!!

    Et bien ces gens-là, par le biais du plus puissant syndicat de chasseurs de primes (la FNSEA), réclament de pouvoir tirer des Loups pour défendre des troupeaux non surveillés...
    Et le ministère accorde des assouplissements extravagants... Et les agents du Parc National des Écrins ont été amenés à participer à une battue d'effarouchement au cœur du parc pour en extirper un Loup qui deviendrait "tirable" à l'extérieur !!!

    Où va-t-on ? Où sont les responsables censés nous gouverner ? Qui a voté pour la mise en place d'une anarchie subventionnée ?

    Mon écœurement m'empêche de continuer, mais je vous parlerai prochainement des attaques de Vautours sur le bétail... À mourir de honte si l'on n'est pas soutenu... par un syndicat...

    Un bol d'air avant la suite...


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